14 novembre 2008
Quelle voix européenne dans le sauvetage planétaire ?
Le G20 est réuni à Washington depuis vendredi soir pour tenter d'apporter des réponses concrètes à la crise. Les dirigeants des grands pays industrialisés et des Etats en développement doivent tenter d'élaborer une stratégie globale pour éviter une crise économique dure dans le monde entier. L'Europe veut obtenir une méthode de travail et un calendrier de travail.
Selon le gouvernement américain, le G20 devrait mettre en place un "collège de superviseurs" chargé de contrôler les 30 plus grandes banques du monde afin d'éviter les risques excessifs. Des organismes tiennent déjà ce rôle : le Forum de Stabilité Financière (FSF), la Banque des Règlements Internationaux (BRI) et l'Organisation Internationale des Commissions de Valeurs (OICV), qui réunit près de 200 régulateurs de marchés. Une partie des membres du G20 souhaitent un système de prévention précoce des crises financières. Le FMI et le FSF sont candidats.
Les Américains sont favorables à une réforme du FMI et de la Banque Mondiale pour y accroître le poids des pays émergents. Mais les Etats-Unis n'accepterent pas l'idée d'une coordination de la surveillance financière. Washington refusent de voir apparaître un régulateur unique supranational des marchés et établissements financiers. Améliorer les règles comptables de chaque pays concernant les titres financiers fait aussi partie de la réflexion. Question : quels instruments peut-on mettre en oeuvre au niveau mondial pour lutter contre l'opacité et les malversations sur les marchés ?
La Chine a indiqué qu'elle était prête à soutenir davantage l'économie mondiale, en s'engageant à éviter les ventes massives des gros actifs chinois à l'étranger. La Chine finance la moitié de la dette américaine. Le Japon, qui finance l'autre moitié de la dette américaine, a proposé de prêter jusqu'à 100 milliards de dollars au FMI pour renflouer les pays les plus touchés.
L'économie mondiale change de main. Les Etats-Unis ne sont plus maîtres. L'Europe a sans doute un rôle moteur à jouer dans l'instauration d'un nouveau système de régulation. Mais entendra-t-on une voix commune ?
| Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : crise, europe, g20, finance, économie |
Facebook
10 novembre 2008
Une certaine "pression" européenne dans la crise
Le sommet européen organisé ce week-end entre les chefs d'État et de gouvernement de l'Union a permis aux 27 d'affirmer la nécessité de coordonner leurs politiques économiques. Il s'agissait de préparer la réunion internationale du samedi 15 novembre, qui se tiendra à Washington.
Pour ce sommet du "G20", la présidence française de l'Europe souhaite faire valoir l'idée d'un renforcement des contrôles financiers dans les 100 jours. Une nouvelle réunion internationale sera proposée le cas échéant à l'issue du rendez-vous du week-end prochain. Selon l'UE, le Fonds Monétaire International (FMI) devrait avoir un rôle central dans la surveillance des finances internationales. Mais quelle forme cette intention peut-elle bien prendre ? L'Europe souhaite notamment que les paradis fiscaux et les fonds spéculatifs soient auscultés à l'avenir... Comment réaliser l'objectif ?
La position commune de l'Europe apparaît toutefois fragile. L'accord conclu ce week-end par les 27 cache mal les divisions. Si bien que la feuille de route de Nicolas Sarkozy, qui s'exprimera au nom de l'Europe à Washington, ressemble à un « mandat vague », comme l'a exprimé le gouvernement tchèque (eurosceptique)... Il faut dire que la proposition défendue par Nicolas Sarkozy pour élaborer un gouvernement économique capable de discuter sur un pied d'égalité avec la Banque centrale européenne (BCE) a soulevé l'opposition de plusieurs États. L'Allemagne, notamment, considère ce projet comme une menace pour l'indépendance de la BCE.
Parallèlement à ce sommet européen, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays les plus avancés et des grands pays émergents (G20) ont préparé le terrain pour le sommet d'urgence du 15 novembre à Washington. Les "argentiers" de ce G20 se sont engagés à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour restaurer une confiance dans les marchés et pour accorder plus de poids aux pays en développement dans les affaires économiques de la planète. Mais il n'y a pas eu de proposition concrète...
De son côté, la Chine - qui est en passe de devenir la première puissance économique du monde - a annoncé sa participation au sommet du G20 tout en décidant d'injecter plusieurs centaines de millions d'euros dans son économie, afin de soutenir sa demande intérieure. Saluée par certains économistes comme un recours supplémentaire face à la crise mondiale, la position chinoise n'aura peut-être pas pour effet durable de participer au sauvetage de la finance internationale. Jusqu'à maintenant, les plans nationaux de soutien à la croissance et à l'investissement ne remettent pas en question les règles du marché. Celles-ci seront-elles modifiées par les travaux du G20 ?
Laurent Watrin
A lire : une note de la présidence française sur la finance internationale ICI
Publié dans Actualités | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : europe, g20, crise |
Facebook
07 novembre 2008
Vers une position commune de l'UE sur la réforme des règles financières mondiales
Un document de travail de la Présidence française de l'Union européenne a servi de base de discussion aux ministres européens des Finances réunis, mardi 4 novembre, pour entamer la préparation d'une position européenne avant le premier sommet international consacré à la réforme du système financier mondial, samedi 15 novembre, à Washington.
Ce texte avance onze pistes pour un possible accord européen sur la réforme. L'encadrement des agences de notation financières (en savoir plus) fait partie des propositions. La révision des règles comptables internationales est également envisagée. De même que le renforcement de la coopération transfrontalière entre autorités de supervision. L'Europe souhaite aussi valoriser la rémunération des systèmes qui évitent les risques excessifs.
Le premier document élaboré par les ministres des finances de l'Europe sera retravaillé sur la base des remarques faites par les délégations. Un rapport de propositions concis devrait être soumis au conseil de l'Europe extraordinaire prévu le 7 novembre.
La volonté de la présidence française de l'UE soulève une certaine inquiétude chez ses partenaires. La Finlande, par exemple, craint un excès de réglementation. De son côté, l'Allemagne redoute l’émergence d’un gouvernement économique européen. Ce serait pourtant une bonne nouvelle d'un point de vue fédéraliste...
Laurent Watrin
| Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : crise, europe, g20 |
Facebook