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05/11/2011

Peut-on changer de système économique ? Synthèse du café citoyen de Nancy (4 novembre 2011)

Une quinzaine de participants pour ce débat nancéien dans le cadre de la « semaine des cafés citoyens ». Interrogations et propositions.

Le premier tour de table essaie de dégager une définition de l'expression "système économique". Catherine et Philippe évoquent un ensemble de « règles » qui libèrent les échanges de biens et de services dans le cadre d’une certaine « politique ». Mais « c’est d’abord un système marchand » selon Christine, employée dans le domaine de la gestion, participant pour la première fois à un café citoyen.

Nouveau venu lui aussi, Eric précise : «on n'a pas toujours été dans le même système qu’aujourd’hui». L’économie «laisse plus ou moins de place au public et au privé » selon Christian. Selon lui, le système doit toujours «laisser vivre la minorité».

Marie-France fait le parallèle entre l’économie et la gestion du budget familial. L’animateur ajoute l’étymologie - l’économie c’est « la gestion de la maison » - et tente une définition synthétique : le système économique est un système d’échanges des productions, tirées des ressources de notre planète, permettant de satisfaire les besoins évolutifs de la société humaine dans le cadre d’une rencontre entre l’offre et la demande. Peut-être y’a-t-il plusieurs systèmes économiques...

Un deuxième tour de table soulève les incompréhensions, partagées par la majorité des présents, à propos de finance et de dette notamment. Christine avoue, comme d’autres, « ne pas comprendre tout ce qui se passe.» Une majorité de participants a le sentiment que les « politiques eux-mêmes sont dépassés». 

«On est  au bord du gouffre», lâche tranquillement Philippe. Mais «un rééquilibrage est possible», affirme ce citoyen « optimiste » qui croit à l'amélioration « à condition de rester dans la démocratie ».

Le mot « équilibre » revient souvent. Pour retrouver cet équilibre, « les citoyens doivent faire davantage de politique, davantage de syndicalisme » préconise Christian, qui se présente comme un chômeur préfèrant les débats comme celui-ci plutôt que le matraquage de la télévision quotidienne.

Selon Christian, « le système économique a besoin d’arbitre, et l’arbitre, c’est l’Etat ». Christine n’est pas convaincue car « aujourd’hui, tout est mondialisé… »

A l’invitation de l’animateur du café citoyen, Fadil évoque son secteur d’activité professionnelle : la sous-traitance automobile. Fadil explique la soumission des grands constructeurs aux ordres et aux demandes exorbitantes de rentabilité des actionnaires qui contrôlent les groupes et qui «dictent leur loi aux entreprises et favorisent ainsi les délocalisations».

Malheureusement, souligne Fadil, cette situation touche les PME en cascade. Christian, qui croit aux vertus marxistes, estime que « notre système est trop libéral, qu'il a des effets nocifs ». Philippe estime qu’il «ne faut pas jeter la pierre à l’actionnariat dans son ensemble», malgré les dérives et les abus. Fadil en convient, mais invite chacun à prendre la mesure des chiffres : «lorsque les entreprises du CAC 40 versent à leurs actionnaires 5 fois plus que ce qu’elles ont reçu de leur part, il y a un gros problème ! ». Philippe tempère : « le CAC 40 représente peu dans le marché mondial. Aujourd’hui, c’est l’Asie qui donne le ton… et nos politiques sont trop corrompus » par l’argent de notre système politique, pense-t-il. Mais son optimisme reprend le dessus : « il y a des entreprises équitables » qui considèrent encore l’actionnariat de manière utile, comme une participation du capital à la production.

«Ce sont les gouvernants qui nous ont mis dans ce foutoir», affirme Fadil, en utilisant une image malicieuse : « nos dirigeants sont comme des gosses qui jouent avec des menottes en plastique : ils nous font croire qu'ils n'ont pas la clé, mais c’est facile de casser les menottes !».

On pourrait donc réellement changer le système économique ?

La majorité semble penser que la tâche n’est pas si aisée. « Avant de trouver les solutions, il faut informer et former les gens », préconise Fadil. L’éducation et les médias sont considérés comme prioritaires…

Sophie avoue ne pas comprendre le système financier ; elle profite de sa parole pour poser quelques questions sur la monnaie, le crédit, la finance... Les réponses qui lui sont apportées distinguent entre l’actionnariat d’entreprise et l’actionnariat financier. L'un permet, schématiquement, de financer les investissements pour la production, l'autre est au seul service des actionnaires et contribue aux bulles de spéculation. A ce propos, Eric se demande pourquoi, selon lui, «les oligarchies financières parviennent à mettre le monde en coupe réglée» et pourquoi «la taxe sur les transactions financières a du mal à se mettre en place ». Celle-ci est pourtant une recommandation majoritaire du parlement européen, rappelle l’animateur. 

Pour relancer le débat, sont évoqués les systèmes d’échange économique alternatifs fondés sur des monnaies parallèles, comme celle qui vient d’être lancée à Saint-Dié-des-Vosges. « C’est comme le SEL (NDR : système d’échange local) » s’exclame Sophie, qui s’exprime, elle aussi, pour la première fois dans un café citoyen. Ces systèmes locaux ne règlent pas le problème de l’économie mondialisée mais permettent de relocaliser la confiance et l'économie.

Le dernier tour d’échanges essaie de répondre à une question a priori simple : le citoyen peut-il agir pour changer le système économique ? 

Jacques considère que «nous devrions consommer juste ce qu’il nous faut». Cette responsabilité citoyenne embarrasse Christine : « la morale est aussi chez les décideurs du système. On ne peut pas tout demander au citoyen ». Faire pression sur les élus est une autre piste exprimée par plusieurs participants.

Bernard, qui vient de nous rejoindre, raconte : « je fais partie d’une banque solidaire et j’ai demandé un certain nombre de papiers auxquels j’ai droit. Mais impossible de connaître la rémunération des administrateurs de la banque ! Eh bien, j’ai l’intention d’obtenir la réponse !». Bernard pense que chacun a les moyens de reprendre le contrôle et de ne plus se laisser faire. Le contrôle et la confiance sont les maîtres mots de cette fin de discussion.

Christian croit encore aux partis politiques. Plusieurs préconisent par exemple « le non-cumul des mandats », dit-il, et c’est sans doute une piste qui « permettra de libérer des places » afin que de nouvelles personnes s’investissent.

> Même thème de débat à Pont-à-Mousson, le vendredi 25 novembre, au bar le "Bushido" à partir de 19h.

> Prochain débat à Nancy (2 décembre) sur le thème : "comment réveiller la conscience citoyenne ?" - Entrée libre.

RDV à la MJC Pichon.

Écrit par eurocitoyen dans Actualités, Blog, RENDEZ-VOUS | Lien permanent | Tags : café citoyen, monnaie, crise, finance, économie, g20, europe, dette, automobile, nancy, pichon | |  Facebook | | |