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22/09/2008

Géorgie : observateurs européens en temps de guerre

Un policier géorgien a été tué et deux autres blessés, dimanche (21/09), près de l’Abkhazie, dans la commune de Khourtcha, au sud de la frontière, au bord de la Mer Noire.

Qui sont les tireurs ? Les autorités séparatistes abkhazes, soutenues par Moscou, rejettent toute responsabilité dans cette fusillade. Selon le gouvernement géorgien « l’échange de tirs entre la milice abkhaze et la police géorgienne a duré plusieurs minutes ». Le 13 septembre déjà un policier géorgien avait été tué par des tirs en provenance d'un poste de contrôle abkhaze dans ce secteur géographique. Quelques jours plus tôt, un autre policier géorgien avait été tué par balles, près de la frontière avec l'autre république séparatiste, l'Ossétie du Sud. Le gouvernement géorgien avait alors accusé les soldats russes. Moscou avait démenti. Depuis que la Russie a reconnu l’indépendance des deux régions séparatistes, le 26 août dernier, des milliers de soldats russes ont été déployés en Abkhazie et en Ossétie-du-Sud.

300 observateurs européens

L’Union européenne a annoncé lundi (22/09) son intention de mandater 300 observateurs européens dans la région. Leur mission doit démarrer le 1er octobre. Ces observateurs contrôleront le départ des soldats russes des zones frontières des deux territoires séparatistes. Départ qui doit être réalisé effectivement le 11 octobre, selon l’accord diplomatique conclu sous l’égide de l’Europe. Au-delà des zones frontières, Moscou a l’intention de maintenir 3.800 soldats à l’intérieur de chacune des deux républiques ossète et abkhaze.

Les Droits de l'Homme menacés

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a demandé à la Russie et à la Géorgie (tous deux membres du Conseil de l'Europe) d’enquêter sur des accusations d'exécutions et de tortures qui auraient été commises par les forces séparatistes sud-ossètes et par les forces géorgiennes, au mois d’août. Selon des témoignages, recueillis par HRW, environ 160 civils géorgiens ont été détenus illégalement en Ossétie-du-Sud, et un militaire géorgien aurait été exécuté. D’autres déclarations prétendent que des détenus sud-ossètes ont été battus par des militaires géorgiens.

Combien de civils déplacés depuis le début de la guerre, le 8 août ? Environ 250 mille personnes, selon les associations caritatives comme la Croix Rouge.

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20/08/2008

La faiblesse de l'Europe entretient les tensions en Géorgie

Le conflit entre la Géorgie et la Russie montre l’urgence d’une redistribution démocratique des pouvoirs et des autonomies dans cette région du Caucase. La voix de l'Europe est indispensable à la résolution pacifique de cette guerre déclenchée entre deux Etats membres du Conseil de l'Europe (qui compte 47 pays sur le Continent).

Le territoire séparatiste géorgien d'Abkhazie a annoncé, mercredi 20 août, son intention de demander à la Russie de reconnaître son indépendance. C’est ce qu’a déclaré officiellement le vice-président du parlement abkhaze Viatcheslav Tsougba, un "congrès national" (réunissant les partis et organisations sociales abkhazes), validant cette demande dès le jeudi 21 août. Le Conseil de la Fédération de Russie, chambre haute du parlement russe, devait examiner cette demande en session extraordinaire (lundi 25 août). La Russie est saisie de la même demande de reconnaissance d’indépendance de la part de l'Ossétie-du-Sud, l’autre territoire séparatiste géorgien. Moscou s’apprête à « soutenir » et « garantir » sur la scène internationale « toute décision » des séparatistes sur leur futur statut. De son côté, la Géorgie demande la réintégration de ses territoires.

L’ancien président polonais Lech Walesa, a déclaré, dans un entretien au journal italien Il Corriere della Serra, qu’il regrettait les divisions européennes sur le conflit géorgien : « l'Europe ne peut pas se permettre que celui qui exerce la présidence tournante agisse d'une façon et que d'autres chefs d'Etat aillent dans la direction opposée », estime le chef historique du mouvement polonais Solidarité. Lech Walesa ajoute que la Russie "sortira affaiblie" du conflit à condition que les pays occidentaux fassent preuve de "solidarité internationale". Autre voix exprimée cette semaine, au Parlement européen, celle de la Lorraine Marie-Anne Isler-Béguin : la députée européenne (Verts), rapporteur d’une mission d’observation en Géorgie, a plaidé pour plus de fermeté de la part de l’Union européenne afin d’obtenir le retrait des troupes russes.

L’OTAN a haussé le ton, sous la pression des Etats-Unis. En marge d’une réunion d’urgence, la secrétaire d'Etat américaine aux affaires étrangères, Condoleezza Rice, a estimé que la Russie devenait "de plus en plus hors-la-loi" en traînant les pieds pour retirer ses troupes. Quant au conseil de sécurité de l’ONU, il est impuissant à définir une position, la Russie y disposant d’un siège permanent et d’un droit de veto. Le projet de résolution des Nations Unies, présenté mardi 19 août, a ainsi été rejeté par les Russes. Ce texte réclamait le repli des forces russes et géorgiennes sur leurs positions respectives d'avant le début du conflit, le 7 août dernier.

Le 20 août, l’accord de cessez-le-feu entre Russes et Géorgiens n’était toujours pas respecté. Les populations civiles font les frais de cette guerre sans contrepoids diplomatique claire et ferme. La Croix-Rouge estime que 80.000 personnes ont été « déplacées ».

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