29 septembre 2009
La percée libérale allemande conforte la CDU
L'option libérale est peut-être séduisante, même en période de crise, mais si les électeurs allemands viennent de saisir l'occasion de l'exprimer, ce n'est pas pour autant un chèque en blanc à une politique économique plus débridée.
Avec 14,6 %, en moyenne, aux élections fédérales, les candidats libéraux-démocrates du FDP obtiennent certes leur meilleur score historique, et décrochent le gain du moment le plus spectaculaire sur l'échiquier politique allemand (+5% par rapport aux scrutins précédents), tandis que les deux grands partis classiques (CDU et SPD) perdent de l'audience.
La CDU d'Angela Merkel fait son plus mauvais score historique (33,7%). Le camp conservateur peut cependant "triompher" car la chancelière et ses amis conservent le rôle moteur de former le prochain gouvernement fédéral. Et surtout, Angela Merkel, remise en selle, met fin à la fameuse "grande coalition" qu'elle avait dû former avec les sociaux-démocrates du SPD, au lendemain du précédent scrutin. C'était son objectif premier.
L'Allemagne est ainsi faite qu'on y verra les élus et les partis composer - "cohabiter", comme on dit en France. Le compromis à venir s'annonce intéressant à observer. La campagne des conservateurs allemands s'est notamment jouée sur le retour au nucléaire pour assurer l'indépendance énergétique du pays, et sur la promesse de baisser les impôts.
Compromis subtils
Ce qu'Angela Merkel a repris à son compte, sur sa gauche, ces dernières années, lui a sans doute fait perdre une partie de l'électorat classique de son parti. Cet électorat a probablement glissé vers le FDP. Les Libéraux veulent assouplir les règles de licenciement, diminuer sensiblement les impôts, et supprimer le Fonds fédéral de santé, récemment mis en place. Angela Merkel a déjà prévenu qu'elle n'était pas prête à tout.
La lutte contre les déficits publics semblent être la base de travail de la nouvelle coalition de centre-droit CDU-FDP. Pour le reste, on verra. Face à la crise, la promesse conservatrice de réduire les taxes est maintenue, mais sans calendrier précis.
Le système allemand impose un contrat de projet à l'issue des élections législatives. Le régime de nos voisins repose aussi sur le poids des élus des Länder, qui orientent en partie la politique économique et sociale. Le président CDU du Bade-Würtemberg, Günther Öttinger, explique que le "FDP sera, dans la nouvelle coalition, un partenaire plus petit que ne l'a été le SDP. Donc, il y aura plus de CDU".
A gauche, Die Linke (néo-communiste), et ses quelque 12% au niveau fédéral, invite les sociaux-démocrates à conclure des alliances dans les Länder, afin de faire contre-poids dans les Etats fédérés. La maladie social-démocrate semble se confirmer. Le SPD se fait taquiner par Die Linke (néo-communiste) mais les deux formations ont beaucoup de divergences. Quant aux Grünen, les Verts allemands, ils stagnent.
Les conservateurs de la CDU se sont engagés à signer, d'ici à un mois, une plateforme de coalition avec leurs nouveaux alliés libéraux, y compris sur la question ardue des impôts. La chancelière Angela Merkel veut installer son nouveau gouvernement le 9 novembre, date anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Tout un symbole.
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31 juillet 2008
Carte militaire : et l'Europe ?
Le gouvernement vient de dévoiler un projet de réforme des armées françaises qui semble négliger l'avenir des régiments liés à la Brigade franco-allemande. Curieux oubli alors que la Défense européenne a été affichée comme une des priorités de Nicolas Sarkozy en tant que Président en exercice du Conseil de l'Union européenne.
La Brigade franco-allemande est aujourd'hui la seule institution militaire qui ne soit pas nationale. Elle est cet embryon de l'armée européenne qui sera capable un jour d'appuyer la diplomatie de l'Union en tant que force unitaire de l'Europe, bras armé d'une vraie politique de sécurité commune.
L'expérience de la BFA est une réussite. Ne la laissons pas mourir ! Lancée en 1989, basée en Allemagne, la Brigade franco-allemande (BFA) est une unité binationale composée de troupes françaises et allemandes. Aujourd'hui, son existence est menacée par la réforme de la carte militaire française, puisque le gouvernement a laissé entendre que des troupes françaises en Allemagne pourraient être rapatriés sur le territoire national.
La chancelière allemande Angela Merkel a proposé d'installer des régiments allemands en France. Le gouvernement français doit accepter cette proposition et sauver la Brigade franco-allemande par la même occasion.
Car une Europe forte, c'est aussi une Europe unie et intégrée sur le plan militaire. C'est un impératif pour assurer le développement pacifique de la démocratie telle que nous pouvons la concevoir sur le "Vieux Continent".
Laurent Watrin
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27 juin 2008
L'Europe oubliée des télévisions françaises
Les politiques européennes représentent 75% de nos lois françaises. Chaque citoyen français représente une contribution moyenne de 240€ par an, pour financer des programmes européens. C'est du concret. C'est assez complexe, certes, mais est-ce que c'est une raison pour que la télé n'en parle pas, ou si peu ? Comment se fait-il que l’actualité européenne - c’est-à-dire notre actualité à tous, celle qui concerne la vie quotidienne de chacun - ne soit pas plus présente dans les « grands médias » et notamment à la télévision ?
Sur les principaux écrans de France, on voit plus souvent Nicolas Sarkozy (normal ?) ou George W. Bush (eh oui !) que José Manuel Barroso ou Angela Merkel, même lorsque l’actualité du moment est plus européenne que française ou américaine. Par ailleurs, le traitement européen de l’information est souvent envisagé avec un regard très franco-français, ou bien il se contente de quelques réactions sur le sujet évoqué, sans l'expliquer...
Quand on sait que la télévision est le média d’information de référence (et parfois le seul) pour une majorité de citoyens, on comprend que l’Europe soit impopulaire ou, pour le moins, méconnue.
Les petits chiffres de l’Europe dans les JT
L’observatoire des médias de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) vient de publier une étude révélant le gouffre existant entre l’actualité européenne et les principales chaînes de télévision françaises. Cette enquête s’intéresse aux "grands JT" : les journaux télévisés du soir.
L’INA a ausculté les chaînes hertziennes : TF1, France 2, France3, Arte, M6 et Canal+.
Résultat global : l’information franco-française occupe plus de 80% des JT. L’actualité internationale prend 17% du temps d’antenne global et les sujets européens seulement 2,5% !
Arte, bon élève européen
Maigre consolation : entre 2000 et 2007, dans les JT de nos grandes chaînes, on est passé d’environ 27 600 sujets consacrés aux Institutions européennes à plus de 31 600. Sans surprise, c’est Arte qui consacre le plus de sujets à nos Institutions communes dans son édition du soir, mais la part reste faible : 6%. Cela dit, il faut reconnaître que, en dehors de ses journaux d’information du soir, la châine franco-allemande propose de nombreux programmes au contenu européen. Ce qui n’est pas le cas des autres télé nationales...
Quel contenu ?
Dans les « JT » de nos chères lucarnes, le traitement de l’actualité européenne est d’abord consacré à nos voisins les plus proches : le Royaume-Uni arrive en tête dans le temps d’antenne général, devant l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Belgique.
Les nouveaux entrants de l’Union ne figurent pratiquement jamais dans les menus du 20h. La Pologne a connu un certain succès en 2007, avec 128 sujets toutes télévisions confondues. Mais la place de nos voisins européens dans l’info télévisée du soir reste bien loin derrière celle des Etats-Unis d’Amérique (1 329 sujets contre 884 pour la Grande-Bretagne).
La France dans l’Europe, pas terrible non plus…
La dernière fois que la France a assuré la présidence du Conseil de l’Union Européenne, en l'an 2000, on ne peut pas dire que les rédactions des « grandes » télévisions en ont profité pour s’intéresser à l’Europe. Au total : 737 sujets européens (seulement) dans les 20h des six chaînes considérées, c’est-à-dire un peu plus de... 2,5 % du temps d’antenne global !
C’est en 2005, année du referendum sur le projet de traité constitutionnel, que l’Europe a « crevé le plafond » dans les journaux télé. Enfin, n’exagérons rien : le "taux d’occupation" n’était que de 5 % du total des JT (1 487 sujets).
En 2007, l’info européenne – au sens large – est retombée à 2,2 % (716 sujets). Le président français Nicolas Sarkozy, qui compte quelques amis dans les médias et notamment à la télé, a annoncé, avec lui, le retour de la France dans l’Europe. Le ton de sa présidence de l’Union entraînera-t-il un espace d’information européenne plus important sur nos écrans ? Pas sûr...
Enfin, si l'on regarde de près le contenu des reportages télévisés sur l’Europe, on s'aperçoit que, de manière générale, quand il s’agit de politique, il s'agit d'évoquer, en quelques secondes (ou quelques minutes), des élections chez nos voisins ou des déclarations politiques nationales à l’occasion d’un sommet européen.
A part ça, le sport monte souvent sur le podium : en 2007, c’était le premier thème pour l’info télé consacrée à l’Italie, et le deuxième thème pour les sujets sur la Grande-Bretagne. En 2007, toujours, vos JT ont évoqué le Portugal surtout pour un fait divers, la Grèce pour ses incendies…
Une note positive…
Pour terminer sur une note positive, l’environnement arrive en bonne place dans les infos télé. C'est souvent pour montrer des exemples de progrès écologiques chez nos voisins. Mais dans tout cela, peu de problématique réellement européenne au sens de l’intérêt général commun, et quasiment pas de pédagogie sur la question «comment ça marche et où va l’Europe ?».
La suppression de la publicité dans l'audiovisuel public changera-t-elle quelque chose ? ... Ha ! Pardon, c'est une autre histoire... (?)
Laurent Watrin
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