28 octobre 2009
Une (in)certaine identité
Nicolas Sarkozy ne comprend pas "qu'on puisse hésiter à prononcer les mots : identité nationale française". Le chef de l'Etat manquerait-il d'intelligence ? Non. Sinon, il ne serait pas à la tête de la République. Mais si prononcer des mots, c'est une chose, leur donner du sens, c'est le rôle du politique.
En France, et en Europe, nous sommes quelques-uns à ne pas bien comprendre que certains responsables politiques veuillent encadrer et définir, sans hésiter, ce qu'est l'identité d'une Nation. Ce n'est pas un débat neuf. Et gardons-nous de faire un procès en extrêmisme à Nicolas Sarkozy, ce serait tomber dans un piège.
Personnellement, l'idée même d'identité de la Nation me semble caduque. J'ai peut-être tort. Mais c'est mon droit de citoyen de le penser. Je considère que mon identité n'est pas essentiellement liée à une appartenance nationale. Qu'il existe un inconscient collectif partagé, c'est sans doute une réalité. Mais cette réalité change avec l'Histoire.
L'identité moderne n'est-elle pas plutôt un espace personnel, complexe et changeant, où se mêlent nos origines sociales, une Histoire collective transmise ou perçue, nos influences culturelles (et l'uniformisation mondiale qui les conteste), nos rencontres, nos passions, mais aussi - et peut-être surout - nos espoirs et notre manière de se projeter dans le futur.
La volonté politique de fixer l'identité nationale - sans hésiter - ne serait-elle pas une façon d'interdire aux citoyens de construire, démocratiquement, un avenir commun ? Ne serait-ce pas un réflexe de peur, cette peur contre laquelle un Pape s'éleva naguère pour faire tomber des murs... ?
Laurent Watrin
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14 mars 2007
L'étrange identité du candidat Sarkozy
Nicolas Sarkozy affirme qu’il n’aime pas « la politique qui ne dit rien, qui ne propose rien ». C’est le propos qu’il a tenu lors de son meeting à Besançon, mardi 13 mars. Elle est étrange, cette logique incantatoire du ministre de l’Intérieur en réponse aux critiques sur son idée de ministère de l’immigration et de l’identité nationale.
En quoi consiste précisément ce ministère ? Quelle est la définition de l’identité française selon le chef de l’UMP ? Nicolas Sarkozy ne l'a pas dit. Ce ministère de l’immigration serait-il un effet d’annonce de plus, sans contenu ? On peut le penser. Le candidat de la droite « décomplexée » assure qu’il parle d’identité nationale parce qu’il ne veut pas « laisser le monopole de la Nation à l’extrême droite ». C’est un aveu : la récupération est la stratégie constante de Nicolas Sarkozy. Mais pour le contenu et le projet, en l’occurrence, c’est le flou total. De deux choses, l’une : ou bien Sarkozy a une idée très claire de ce qu’est un ministère de l’immigration mais il ne veut pas l’expliquer pour éviter de faire peur, ou bien ce n’est qu’une coquille vide supplémentaire dans sa campagne électorale.
Le mensonge comme argument
Nicolas Sarkozy assure que ce type de ministère existe dans « bon nombre de pays européens »… C’est tout simplement faux. Ce qui se rapproche le plus de la proposition du Ministre français, c’est l’institution danoise d’un ministère de l’intégration, mis en place sous la pression de l’extrême droite. Partout ailleurs, dans l’Union, le Ministère de l’Intérieur s’occupe des politiques migratoires. Mais il n’existe aucune trace en Europe d’un ministère de l’identité nationale. Comme dirait Frank Tapiro, le conseiller en communication de Sarkozy, la politique du présidentiable de l’UMP c’est le « mentir vrai » (déclaration dans un entretien récent à VSD). Horizon assez effrayant.
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