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28/10/2009

Une (in)certaine identité

Nicolas Sarkozy ne comprend pas "qu'on puisse hésiter à prononcer les mots : identité nationale française". Le chef de l'Etat manquerait-il d'intelligence ? Non. Sinon, il ne serait pas à la tête de la République. Mais si prononcer des mots, c'est une chose, leur donner du sens, c'est le rôle du politique.

En France, et en Europe, nous sommes quelques-uns à ne pas bien comprendre que certains responsables politiques veuillent encadrer et définir, sans hésiter, ce qu'est l'identité d'une Nation. Ce n'est pas un débat neuf. Et gardons-nous de faire un procès en extrêmisme à Nicolas Sarkozy, ce serait tomber dans un piège.

Personnellement, l'idée même d'identité de la Nation me semble caduque. J'ai peut-être tort. Mais c'est mon droit de citoyen de le penser. Je considère que mon identité n'est pas essentiellement liée à une appartenance nationale. Qu'il existe un inconscient collectif partagé, c'est sans doute une réalité. Mais cette réalité change avec l'Histoire.

L'identité moderne n'est-elle pas plutôt un espace personnel, complexe et changeant, où se mêlent nos origines sociales, une Histoire collective transmise ou perçue, nos influences culturelles (et l'uniformisation mondiale qui les conteste), nos rencontres, nos passions, mais aussi - et peut-être surtout - nos espoirs et notre manière de se projeter dans le futur. 

La volonté politique de fixer l'identité nationale - sans hésiter - ne serait-elle pas une façon d'interdire aux citoyens de construire, démocratiquement, un avenir commun ? Ne serait-ce pas un réflexe de peur,  cette peur contre laquelle un Pape s'éleva naguère pour faire tomber des murs... ?

Laurent Watrin

Écrit par eurocitoyen dans Edito | Lien permanent | Tags : identité, nationale, française, européenne, sarkozy, besson | |  Facebook | | |