22 juillet 2009
Europe : les dépenses et la relance
« Halte aux dépenses publiques ! », dit le président de la Banque centrale européenne. Jean-Claude Trichet martèle que les seize Etats de la zone euro doivent diminuer leurs dépenses publiques. L'avertissement vaut particulièrement pour la France qui bat le record dans cette zone euro, avec la dépense la plus élevée relativement à son PIB (autour de 7,5% pour 2009, et une dette de l’Etat d’environ 77%).
La crise économique et le vieillissement de la population européenne menacent la confiance monétaire à l'intérieur des pays de la zone euro, mais aussi chez leurs partenaires à l'extérieur de la zone. L’addition des plans de relance nationaux, sans coordination, aura sans doute du mal à inverser la tendance.
Si l’Union européenne élaborait un vrai plan d’investissements, autour de grands projets communs à vocation écologue, l’avenir serait peut-être plus clair, moins angoissant. Cette ambition, les élus Modem au parlement européen la porteront autant que possible. Réunis au sein du groupe ADLE (Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe), les voix européennes du Modem sont désormais portées par Guy Verhofstadt. L’ancien premier ministre belge, fédéraliste convaincu, est le nouveau président du troisième groupe parlementaire européen. Espérons que sa voix, et cette voie, soient entendues.
> A lire : le memorandum de l'ADLE pour la prochaine présidence de la Commission européenne
Publié dans Edito | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : verhofstadt, adle, parlement européen, strasbourg, modem, libéraux |
Facebook
10 juillet 2008
Pression chinoise et Europe
Le chef de l'Etat français a promis ce jeudi aux députés européens de ne pas céder aux pressions de la Chine sur les droits de l'Homme. L'eurodéputé vert Daniel Cohn-Bendit a dénoncé la "honte" du revirement de Nicolas Sarkozy après qu'il a annoncé sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux de Pékin. Le chef de fil des élus libéraux européens, Graham Watson, a aussi appelé Nicolas Sarkozy a renoncer à son intention. Il y a quelques semaines, le président français avait pourtant affirmé qu'il ne suivrait pas cette cérémonie officielle des JO, le 8 août prochain. En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a décidé de ne pas suivre la cérémonie.
Le parti communiste chinois a menacé la France de "conséquences graves" en cas de boycott français et surtout si Nicolas Sarkozy rencontre la dalaï lama, le chef spirituel des Tibétains en exil. Ce jeudi, devant le parlement européen, à Strasbourg, Nicolas Sarkozy a ménagé la chèvre et le chou, en estimant, d'une part, qu'on "ne pouvait pas boycotter un quart de la population mondiale". D'autre part, Nicolas Sarkozy a expliqué que ce n'était pas "à la Chine de fixer mes rendez-vous". "Je défendrai donc la question des droits de l'Homme", a déclaré le chef de l'Etat français, sans préciser comment.
En Asie, pour être respectable, il faut savoir se faire respecter. Lorsque la chancelière allemande renonce à la cérémonie d'ouverture des JO, Pékin ne dit rien. Lorsque Sarkozy tergiverse, le pouvoir chinois s'amuse.
Nous avons là un nouvel épisode de cette Europe, en ordre dispersée, qui se demande comment relancer un traité pour 27 Etats et qui ne parvient pas à s'installer comme un interlocuteur univoque sur la scène mondiale.
Comment parler des Droits de l'Hommme et réguler le commerce mondial si l'Union européenne n'est pas unie face des puissances planétaires comme la Chine ?
Laurent Watrin
Publié dans Actualités | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : Sarkozy, Parlement européen, Chine, JO, Pékin, Cohn-Bendit |
Facebook
19 juin 2008
La directive européenne "retour" votée par les eurodéputés
Le Parlement européen vient d'approuver, à une large majorité, la directive sur le renvoi des étrangers sans papier, dite directive "retour". 367 eurodéputés ont voté pour, 206 contre et il y a eu 109 abstentions.
Les conservateurs du PPE-DE (dont font partie les eurodéputés UMP) et les libéraux de l’ADLE (qui comprend les élus UDF-Modem), a massivement voté en faveur du texte. A noter que la députée européenne de Lorraine, Nathalie Griesbeck, a voté contre le texte. A gauche, les votes se sont dispersés. Les Socialistes espagnols et allemands ont adopté le projet, les travaillistes britanniques ont choisi l’abstention.
Aucun amendement n’ayant modifié le texte du compromis entériné le 5 juin par les vingt-sept États membres, cette directive est donc définitivement adopté.
Cette directive est-elle honteuse, comme l'affirment les associations de défense des Droits de l'Homme ? La question sera l'un des sujet débat prévu vendredi soir, à Nancy, à l'occassion d'une rencontre organisée à la Fac de Droit, amphi Roblot, à 18h.
25 mars 2008
Des voix plus fermes contre la répression chinoise
Certaines prises de position, en marge du cadre diplomatiquement correct, se font plus grinçantes que d'autres à l'égard de la Chine. Ainsi, le président du parlement européen, Hans Gert Pöterring, considère qu'un boycott contre la Chine pourrait être justifié, si Pékin ne donne pas des signes d'apaisement au Tibet. Ce n'est pas cinglant, certes, mais c'est un début de parole européenne qui tranche avec l'atonie du concert des Nations pas pressé de hisser les Droits de l'Homme au rang de cause internationale. Le président du Parlement européen a affirmé samedi dans un entretien publié par le Bild am Sonntag, que "Pékin doit traiter immédiatement avec le dalaï lama. Si aucun signe de communication n’apparaît, alors je considère que des mesures de boycott seraient justifiées". Le président du Parlement européen reconnaît que la Chine est un partenaire important de l’Europe mais que ce n'est pas une raison, selon lui, pour sacrifier le peuple tibétain. "Nous y perdrions notre amour-propre", affirme Hans Gert Pöttering. L'amour-propre, sans doute, et notre conscience collective, certainement.
Pour mémoire, le 19 mars dernier, la présidence slovène de l’Union européenne demandait, de façon bien plus tiède, "à toutes les parties en présence de faire preuve de retenue. Elle prie instamment les autorités chinoises de s’abstenir d’utiliser la force contre les personnes qui participent aux troubles et invite les manifestants à renoncer à la violence".
Mardi, c'est une voix bien plus dure qui s'est fait entendre. Celle d'Alain Juppé. Le maire de Bordeaux dénonce la miévrerie de certaines positions officielles : "qu'entendons-nous dans la bouche des responsables occidentaux, politiques ou diplomates, de Washington ou New York à Bruxelles en passant par à peu près toutes les capitales européennes ? Un appel à la retenue. En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de tuer avec retenue !". L'ancien premier ministre déclare : "je suis ébranlé quand je vois l'allant que certains mettent aujourd'hui à pratiquer cette realpolitik qu'ils fustigeaient tant hier. Il y a des grâces d'état. Des disgrâces aussi".
Laurent Watrin
| Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : Tibet, Chine, Europe, Droits de l'Homme, parlement européen |
Facebook