18.05.2008
De la vraie place du centre
Le Nouveau Centre a tenu ce week-end son congrès fondateur à Nîmes. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a été élu à la tête du parti, avec 87% des voix. Le chef des troupes "néo-centristes" a rappelé que les premiers ralliés du NC, issus de l’UDF, avaient quitté François Bayrou quand celui-ci avait annoncé qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy, au second tour de la présidentielle. Aujourd’hui, le traître du PS Eric Besson pourrait rejoindre le Nouveau Centre.
Avec ses 7 mille adhérents revendiqués et ses 22 députés alliés de l’UMP, le NC revendique « l’héritage de l’ancienne UDF » et un positionnement de « centre solide arrimé à droite » selon les termes de François Sauvadet, président du groupe NC à l’assemblée nationale.
Quelle est la philosophie de cet étrange parti ? « Mieux vaut essayer de faire bouger les choses de l’intérieur » dit Maurice Leroy, lui aussi ancien compagnon de route de Bayrou. Mais qu’a changé réellement le Nouveau Centre annexé par Sarkozy ? Le chef de l'Etat n'a d'ailleurs pas l'intention de voir prospérer ce mouvement... Et demain, si le MoDem ou le PS prennent le pouvoir, le NC voudra-t-il toujours faire bouger la politique de l'intérieur ou continuera-t-il à affirmer son "arrimage" à droite ?
De ce congrès pseudo-centriste, on peut tirer une double conclusion : le Nouveau Centre, ce n’est pas franchement nouveau et cela n'a rien à voir avec le centre.
Laurent Watrin
19:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Centre, Bayrou, Sarkozy, politique, nouveau
04.02.2008
Rions un peu... avec la France
Je suis de retour d'Afrique, où ma réflexion politique a pris un peu de hauteur, jusqu'au sommet du Kilimanjaro (5 895 m). Je reviens en forme, merci. Mais rassurez-vous, je ne vais pas vous conter mes vacances, à la manière de Carla et Nicolas dans l'excellent magazine "pipeul" illustré Paris-Match.
Non, ce petit édito est juste là pour souligner que la France, ce grand pays où les hommes d'action sont appréciés de l'intérieur, est en fait un petit pays, assez ridicule vu de l'extérieur, ou du moins passablement oublié. En passant successivement par Amsterdam, Nairobi (Kenya) et Arusha (Tanzanie), dans le sens aller-retour, en l'espace d'une semaine, j'ai pu constater que les colonnes des grands journaux étrangers, ces derniers jours écoulés, n'ont évoqué la France (quand la France est évoquée, soit rarement) que pour exposer les frasques de notre président. L'action politique ou diplomatique de Sarkozy ou de son gouvernement ? A la trappe !
Ainsi, vendredi dernier, le quotidien national tanzanien The Guardian, journal libre de référence dans ce pays pluraliste, inscrivait à la une l'attaque de Sarkozy contre la compagnie irlandaise Ryan Air au sujet d'une photo du couple présidentiel utilisée pour une pub. L'article du Guardian tenait sur un quart de page, à la rubrique... Sports et Loisirs. Autre exemple : ce récent dimanche, le grand quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung s'amusait (normal, c'était dimanche) à sa Une avec le mariage de notre cher chef de l'Etat. Le titre : "Der Kleiner Nick hat geheiratet". Traduction : "le petit Nico s'est marié".
Voilà comment la presse étrangère remplit parfois des pages peu glorieuses, comme les journaux de chez nous. Mais au moins, elle n'est guère complaisante. En tout cas, une chose est sûre, en Afrique ou chez nos voisins européens, on ne trouve pas beaucoup de trace de l'activité politique de la France sur la scène internationale. Ce qui relativise un peu nos discours nationalement entendus... et relayés par "nos" médias.
A bientôt !
Laurent Watrin
18:25 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Action, Sarozy, journaux, politique, presse, Afrique, Amsterdam
26.10.2007
Tripatouillage pour parti bidon
Les députés élus sous la bannière « Nouveau Centre » tentent de bricoler la loi sur le financement politique pour pouvoir profiter d’une manne publique. Cela revient à mépriser la loi en vigueur au moment des élections récentes. Il y a peu de chance - théoriquement - que cette grossière manipulation aboutisse, malgré le soutien du président de la commission des lois, d'une partie du gouvernement et d’un élu... communiste.
Le gouvernement vient de reporter la discussion parlementaire après le fiasco d’une première présentation du projet (il y avait trop peu de députés dans l’hémicycle, mercredi 24 octobre).
En tout cas, la vilaine manœuvre du Nouveau Centre prouve que la « gamelle » est la première motivation des traîtres. Modifier une loi à son profit, voilà la grandeur de la politique, selon Hervé Morin et ses amis «centristes» amarrés à l’UMP.
Petit rappel : l’actuel Ministre de la Défense avait mobilisé plusieurs membres de sa famille, son chauffeur, des secrétaires... pour participer aux élections législatives afin d’atteindre les critères de la loi actuelle qui prévoit d’accorder le financement public à un parti dès lors qu’il a obtenu au moins 1% des voix dans 50 circonscriptions. Ce qui n’est pas le cas du formidable bidonnage "Nouveau Centre", tiré du chapeau du magique Morin. Qu’à cela ne tienne, se disent aujourd’hui les députés « NC » : il suffit de tripatouiller la loi passée pour qu’elle serve notre avenir. Le Nouveau Centre propose donc que le financement politique soit donné à toute formation ayant obtenu au moins... 15 députés ! C’est un peu comme si un athlète arrivé 4è du 100 mètres déposait un recours pour qu’on attribue aussi une médaille à celui qui a raté le podium.
Dans le domaine du financement politique, en France, il y a certes une anomalie. Un parti peut avoir des représentants dans des milliers de communes, dans les régions et les départements (c’est le cas des Verts par exemple) et pourtant ne pas être financé. Ce qui fait régner les arrangements entre partis et les copinages entre ceux qui ont de l’argent et ceux qui en ont besoin (version politicienne de l’assistanat si cher à notre pays).
Pour bien comprendre, rappelons que depuis que le financement privé d’un parti est plafonné à quelques milliers d’euros par an et par personne physique (loi de mars 1988), un mouvement politique ne vit que grâce aux subventions de l’Etat accordé après les législatives (80 millions d’euros distribués, au total, pendant 5 ans). Sans la manne issue des impôts citoyens, le Nouveau Centre est donc condamné à demeurer une coquille vide.
Si l’on voulait l’équité, il faudrait que le premier député élu d’un parti ouvre la voie au financement public de sa formation… Cest d’ailleurs ce qu’a proposé le député UMP Gilles Bourdouleix.
En attendant, François Bayrou a annoncé qu’il saisirait le Conseil constitutionnel pour faire barrage à la proposition du Nouveau Centre. Espérons que les traîtres (qu’ils soient du centre ou d’ailleurs) ne se fassent pas « des couilles en or » sur le dos du peuple, avec la complicité du gouvernement. Ce serait un comble pour des gens qui n’en ont guère.
Laurent Watrin
11:50 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : parti, traître, centre, financement, politique