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21/03/2010

Abstention et Contestation

Des promesses que les électeurs ne croient plus, des candidats qui cumulent les mandats et les coups bas, et un mode de scrutin délirant. Voilà trois éléments qui peuvent expliquer l'abstention et la remontée du Front national, après le second tour des élections régionales. 

En période de crise, le vote contestataire fredonne plus facilement l'air du "tous pourris". Le FN excelle dans ce registre. Les listes du parti de la famille Le Pen étaient présentes au second tour dans 12 régions sur 26. Partout, les candidats extrêmistes améliorent leurs résultats par rapport au premier tour. En Provence Alpes Côte d'Azur, le chef de file du FN, Jean-Marie Le Pen, obtient près de 23% des voix exprimées.

C'est évidemment la politique de Nicolas Sarkozy qui est d'abord contestée. Mais ce n'est pas une prime à la gauche. Près de la moitié des électeurs ne sont pas allés voter. C'est un signe de rejet massif du système. "La bipolarisation n'est plus la clé de la politique française" selon Pascal Perrineau, directeur du Cevipof (Sciences-Po).

La Région, en tant que collectivité mal connue, est-elle en cause ? Peut-être. Les promesses impossibles des candidats, notamment sur l'emploi, sont-elles un motif de rejet ? Partiellement, sans doute. Les candidats qui cumulent et se désistent de leur fonction ? Certainement aussi. L'essoufflement des deux grands blocs gauche et droite ? Oui, c'est confirmé.

Faut-il considérér les abstentionnistes comme des électeurs désintéressés par la politique ? Non.

Le mode de scrutin est aussi à l'origine de la contestation. La façon de donner le pouvoir à des candidats est une clé de la démocratie. Dans la plupart des pays européens, les élections des assemblées locales se déroulent au scrutin proportionnel, à un seul tour. Les modes de scrutin les plus démocratiques permettent à l'électeur de panacher les listes, c'est-à-dire de choisir les noms des candidats. Ce qui veut permet à une diversité de sensibilités d'être représentées localement. Dans une région comme la Lorraine, où 13 listes étaient en lice au premier tour (1040 candidats !), le mot "sensibilité" n'aurait-t-il aucune valeur ? 

Non seulement les régions de France ont une autonomie limitée, mais en plus, le mode de scrutin régional élimine les nuances au premier tour, nous fait croire que les sensibilités peuvent "fusionner" entre les deux tours, et offre une prime majoritaire à la liste arrivée en tête au second tour, même si son score représente finalement une toute petite partie des suffrages. Délirant.

Pour sauver la démocratie, les prochains candidats à la présidentielle feraient bien de s'engager à simplifier les modes de scrutin, à reconnaître la valeur du vote blanc, et à définir des règles strictes pour que les candidats arrêtent de cumuler des postes et de continuer à affirmer que la politique est une affaire de spécialiste que le peuple ne peut pas comprendre. 

"Toute forme de mépris, en politique, prépare et instaure le fascisme" (Albert Camus)

L.W

 

Écrit par eurocitoyen dans Edito | Lien permanent | Tags : régionales, ump, ps, modem, régionalisme, fédéralisme, europe, démocratie, cumul, citoyenneté | |  Facebook | | |