01 août 2009

Energie : l'Europe soutient l’Ukraine pour le gaz russe

L’approvisionnement de l’Europe en gaz provenant de Russie devrait être sécurisé par un accord de financement conclu avec l’Ukraine.

La Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) et la Banque mondiale vont soutenir la réforme des installations gazières de l’Ukraine, alimentées par la Russie. Environ 570 millions € doivent être débloqués, en octobre, pour permettre à l’Ukraine de renforcer ses installations et remplir ses réservoirs pour l’hiver. En 2010, les deux institutions financières doivent apporter une autre enveloppe de 640 millions €. Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) assure à l’Ukraine une aide complémentaire de plus de 2 milliards € pour appuyer des investissements structurels dans le pays. Une partie de cette aide doit servir le secteur énergétique.

En contrepartie, le gouvernement ukrainien s’engage à recapitaliser la compagnie nationale Naftogaz et à aligner ses tarifs intérieurs du gaz, à la hausse, sur les prix du marché mondial. Des experts de la Commission européenne et des représentants d’entreprises de l'Union sont en Ukraine pour vérifier les capacités de stockage de ce partenaire important. Un quart du gaz consommé dans l'Union européenne vient de Russie (80% passent par l'Ukraine).

gazoduc roumain.jpg

La Commission européenne propose de renforcer la sécurité énergétique commune

Chaque État membre devrait désigner une autorité chargée de limiter les risques de rupture dans la fourniture de gaz, en prévoyant un plan d'urgence fondé sur la solidarité européenne. C'est le sens de la proposition de la Commission. Des agences nationales pourront, en cas de besoin, stocker du gaz excédentaire, afin d'éviter notamment des pannes générales d'électricité. 20% de la production électrique dans l'Union est liée aux approvisionnements en gaz. La proposition de la Commission invite les États européens à collaborer plus étroitement. Le débit des gazoducs pourraient par exemple être inversés, si nécessaire, pour alimenter un pays démuni provisoirement. Il s'agit aussi de renforcer l'interconnexion des réseaux nationaux d'électricité pour éviter qu'un pays soit isolé. Les investissements nécessaires s'inscrivent dans le cadre des plans de relance économique.   (photo :gazoduc en Roumanie - source : site commission européenne)

22 septembre 2008

Géorgie : observateurs européens en temps de guerre

Un policier géorgien a été tué et deux autres blessés, dimanche (21/09), près de l’Abkhazie, dans la commune de Khourtcha, au sud de la frontière, au bord de la Mer Noire.

Qui sont les tireurs ? Les autorités séparatistes abkhazes, soutenues par Moscou, rejettent toute responsabilité dans cette fusillade. Selon le gouvernement géorgien « l’échange de tirs entre la milice abkhaze et la police géorgienne a duré plusieurs minutes ». Le 13 septembre déjà un policier géorgien avait été tué par des tirs en provenance d'un poste de contrôle abkhaze dans ce secteur géographique. Quelques jours plus tôt, un autre policier géorgien avait été tué par balles, près de la frontière avec l'autre république séparatiste, l'Ossétie du Sud. Le gouvernement géorgien avait alors accusé les soldats russes. Moscou avait démenti. Depuis que la Russie a reconnu l’indépendance des deux régions séparatistes, le 26 août dernier, des milliers de soldats russes ont été déployés en Abkhazie et en Ossétie-du-Sud.

300 observateurs européens

L’Union européenne a annoncé lundi (22/09) son intention de mandater 300 observateurs européens dans la région. Leur mission doit démarrer le 1er octobre. Ces observateurs contrôleront le départ des soldats russes des zones frontières des deux territoires séparatistes. Départ qui doit être réalisé effectivement le 11 octobre, selon l’accord diplomatique conclu sous l’égide de l’Europe. Au-delà des zones frontières, Moscou a l’intention de maintenir 3.800 soldats à l’intérieur de chacune des deux républiques ossète et abkhaze.

Les Droits de l'Homme menacés

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a demandé à la Russie et à la Géorgie (tous deux membres du Conseil de l'Europe) d’enquêter sur des accusations d'exécutions et de tortures qui auraient été commises par les forces séparatistes sud-ossètes et par les forces géorgiennes, au mois d’août. Selon des témoignages, recueillis par HRW, environ 160 civils géorgiens ont été détenus illégalement en Ossétie-du-Sud, et un militaire géorgien aurait été exécuté. D’autres déclarations prétendent que des détenus sud-ossètes ont été battus par des militaires géorgiens.

Combien de civils déplacés depuis le début de la guerre, le 8 août ? Environ 250 mille personnes, selon les associations caritatives comme la Croix Rouge.

13 août 2008

Géorgie : plan de paix, guerre et intox

Les forces militaires de Géorgie ont commencé, mercredi 13 août, à quitter l'Ossétie du Sud (à l’Ouest du territoire géorgien). Un retrait pas suffisamment « actif », selon la Russie. Le cessez-le-feu officiel semble laisser la place à une guerre de l’intox. 50 chars russes se trouveraient à Gori, deuxième grande ville de Géorgie. Le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, accuse la Russie de violer le cessez-le-feu. Moscou dément. Les Russes ont quitté le port de Poti (plaque tournante des ressources dans la région).

La Russie et la Géorgie ont accepté, mardi soir, le plan de paix négocié par le président français Nicolas Sarkozy, au nom de l’Union européenne. Ce plan prévoit le retrait de l'essentiel des forces russes et géorgiennes. Mais le pouvoir géorgien n’a pas accepté de négociation sur les territoires séparatistes d'Ossétie-du-Sud et d'Abkhazie.

En Europe, on attend maintenant la position commune de l’Union, après la réunion des ministres des affaires étrangères, ce mercredi, à Bruxelles. Juste avant ce rendez-vous, le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a accusé la Russie d'avoir mené une "agression caractérisée", en précisant qu'il était opportun, selon lui, d'envisager "une présence internationale adéquate" dans la région. Mais cette position unilatérale britannique sera-t-elle conforme à la voix diplomatique de l’Europe ?

La Cour européenne des droits de l'Homme, saisie en urgence par la Géorgie, a recommandé (mardi soir) à la Russie d'éviter toute mesure "susceptible de menacer la vie ou la santé des populations civiles".


Laurent Watrin

10 août 2008

Géorgie : arrêt des combats, ordre militaire ?

La Géorgie a officiellement annoncé, ce dimanche, le retrait de ses troupes d'Ossétie du Sud, province indépendantiste que le pouvoir géorgien veut continuer à contrôler. La Géorgie a aussi annoncé que l'armée russe contrôlait désormais la capitale d'Ossétie du Sud, Tskhinvali. L'Ossétie du Sud séparatiste, soutenue par la Russie, vit une indépendance de fait depuis la chute de l'URSS, en 1991. Mais le conflit reste présent. La région est fortement militarisée et la diplomatie peine à instaurer la paix. Un défi pour l'Europe, à quelques km de ses frontières (voir la note ci-dessous).

09 août 2008

La guerre aux portes de l’Europe : nouveau défi pour la diplomatie de l’Union

L’Europe se retrouve une fois de plus dans l’obligation d’affirmer une position unique pour assurer une parole de paix alors qu’un conflit s’ouvre entre deux Etats de l’ancien bloc soviétique, séparés de l’Europe par la Mer Noire. C’est une nouvelle crise majeure qui démarre, presque 20 ans après l’éclatement de l’URSS et la fin de la guerre froide.

Ce samedi 9 août, la Géorgie a en effet déclaré « l’état de guerre » pour faire face à une agression de la Russie. Le parlement géorgien a voté à l’unanimité la mobilisation générale pour 15 jours, après que des avions russes ont bombardé le territoire géorgien et que des troupes russes ont commencé à mener « des opérations de grande échelle sur le terrain » selon les termes employés par le président géorgien, Mikheïl Saakachvili. Le gouvernement géorgien précise que « l’état de guerre » n’est pas une déclaration de guerre au sens strict, mais une réaction défensive. 2 mille soldats géorgiens basés actuellement en Irak sont rappelés chez eux. La Géorgie aurait déjà abattu une dizaine d’avions russes en quelques heures. Une trentaine de chars russes auraient également été détruits. Plusieurs centaines de personnes seraient mortes, des militaires mais aussi des civils. Les forces aériennes russes ont dévasté le port de Poti sur la mer Noire, zone stratégique pour le transport des ressources énergétiques de la mer Caspienne vers l'Europe.

L’offensive des forces russes sur le territoire géorgien a été lancée pour soutenir la république autonome d’Ossétie du Sud, qui subit une répression de la part des troupes géorgiennes. L’Ossétie du Sud nourrit une volonté séparatiste depuis 1989. A l’époque, le pouvoir géorgien avait mené une répression brutale contre les provinces d’Abkhazie à l’Ouest et de l’Ossétie-du-Sud, à l’Est.

L'Europe au pied du mur


L’Union européenne doit trouver aujourd’hui la capacité diplomatique de favoriser le retour à la paix et au dialogue pour assurer la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes et tracer le chemin de la démocratie dans une région qui vit des tensions séparatistes depuis la fin des années 80. Dans un communiqué du 8 août, la présidence française de l’Union déclare que l’Europe « appelle toutes les parties à la cessation immédiate des hostilités et à la reprise sans délai des négociations, afin de permettre une solution politique à la crise, dans le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie ». Le communiqué ajoute que « l'Union européenne, en liaison avec l'ensemble des protagonistes, travaille à un cessez-le-feu, afin de prévenir une extension du conflit ». De son côté, le président George W. Bush a réclamé l'arrêt "immédiat" des combats en Ossétie du Sud et des bombardements russes. "La Géorgie est un pays souverain et son intégrité territoriale doit être respectée", selon M. Bush, qui s'exprimait de Pékin où il assiste aux JO.

Laurent Watrin


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