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04/07/2009

Devoir de vacances

Le langage trahit-il la pensée ?

C'était l'un des sujets du bac. Tant pis pour les règles académiques, tentons tout de suite une conclusion : non seulement le langage trahit la pensée mais... c'est sa vocation !

L'idée pensée est trahie, transformée, transfigurée par le fait d'être communiquée. Communiquée, au sens étymologique : mise en partage. Partage : traduction par l'Autre - individu ou groupe, intentionné ou pas - donc trahison pour soi et potentialité nouvelle pour et avec les autres.

Et à quoi peut bien servir ce langage traître de la pensée ?

En principe et en humanité : à produire du débat et du sens. Pour soi, pour l'autre, pour vivre ensemble. Avec le partage, il y a un nouveau sens possible, qui n'est ni tout à fait le mien, ni tout à fait le tien, mais encore autre chose. Certains appellent cela le progrès. Disons, pour être neutre : l'évolution.

Résumons : le langage est donc trahison de la pensée pour faire société. Dès lors, cette trahison peut être stimulante (âge d'or de la pensée), acceptable (consensuelle) ou scandaleuse (terrorisme de pensée unique). La trahison de la pensée se fait espoir ou insulte.

Lorsque la confiance existe, le vivre ensemble est possible. Confiance en soi, confiance en l'autre, confiance dans un modèle de partage (nos Institutions). Hélas ! Il semblerait que nous vivions - de manière éclatante et froide depuis la crise financière (finance = langage d'échange) - dans un monde où le langage ne trahit plus grand chose.

Car il y a crise de confiance.

Et la confiance perdue n'accepte aucune trahison. Que nous reste-t-il ? La pensée du vide : la publicité. Celle-ci a des visages différents. Elle est commerciale (seins nus par ici) ou idéologique (burqa par là). En tout cas, elle est négation de l'Homme qui parle et qui pense.

Dans ce monde - totalitaire par essence - le langage n'est qu'un flux, un slogan, un logo, une image, bref une force de frappe au profit d'un Emetteur en direction d'un Récepteur : le Consommateur. Il gobe et se tait (en temps de paix), tout comme le soldat encaisse les coups (en temps de guerre).

Moralité : citoyen, redeviens un traître, exprime-toi ! C'est urgent. Sinon, ça va faire mal.

Du moins je le pense, et je vous autorise à trahir ma pensée.

Laurent Watrin

(Pour les royalties, voyez mon agent de change...)

Écrit par eurocitoyen dans Blog | Lien permanent | Tags : pensée, langage, philo, politique, citoyenneté, bac, sens, modem | |  Facebook | | |