20 novembre 2009

La semaine des cafés citoyens

La semaine des cafés citoyens,

événement national  

Une quinzaine de débats du 21 au 28 novembre 2009

 

Faut-il et comment rendre les Hommes responsables

de leurs actes envers les générations futures ?

 

A Metz, le samedi 21 novembre

A Nancy, le 28 novembre

Et aussi... www.cafes-citoyens.fr

09 juillet 2009

Café Citoyen : le parlement du peuple

Le café citoyen est bien plus qu'un "café du commerce".
Depuis une dizaine d'années, l'association Nouvelle Arcadie, qui s'organise petit à petit en fédération, favorise le développement de ces espaces de débat sur des sujets de société. Réhabiliter la politique, au sens noble du terme, voilà l'ambition de ces cafés citoyens qui se déroulent dans des lieux publics. Le premier d'entre eux a été créé à Caen. L'association locale organise des débats chaque mois. A Metz, Nancy, Arlon (Wallonie), des citoyens européens ont suivi le mouvement. A Metz, le café Jeann d'Arc joue le jeu à fond. Les patrons du lieu participent même au débat ! On compte aujourd'hui une bonne dizaine de cafés citoyens, régulièrement actifs, en France. D'autres cafés citoyens se réunissent de manière irrégulière. D'autres encore sont en projet. 
 
Respect de la parole
 
La méthode et les principes retenus permettent d'assurer la qualité des échanges : tout citoyen peut s'y exprimer librement et faire évoluer les idées - les siennes et celles des autres. Dans cet espace commun, l'écoute est une valeur reine, il n'y a pas a priori de paroles "d'expert". Un spécialiste qui se trouve dans l'assistance peut éclairer le débat de façon spécifique. Mais il n'est pas au centre du sujet, ni la référence incontournable. L'humilité est une autre valeur fondamentale.
 
Préparation et organisation
 
Le café citoyen se prépare. Les participants choisissent les sujets discutés. Ils votent, à la majorité, le débat proposé pour le rendez-vous suivant. La personne ayant lancé l'idée du sujet retenu est censée préparer une introduction à la discussion. La tenue du débat est assuré par un animateur du café citoyen. Celui-ci prépare le sujet, lui aussi, la plupart du temps ; il distribue la parole et veille à ce qu'on ne coupe pas l'interlocuteur qui parle. L'animateur recadre aussi les débats, autant que possible, grâce à des faits, des éclairages d'actualité, des relances et des questions. Au café citoyen, on peut aussi venir simplement pour entendre les autres. La compréhension mutuelle, le pluralisme et l'absence de prosélytisme sont des règles d'or. Le café citoyen donne lieu à des synthèses et parfois même des propositions nouvelles pour le débat démocratique. "Ici j'apprends des choses et je fais évoluer ma réflexion ; pour moi qui n'ai pas fait de grandes études, c'est une bouffée d'oxygène" raconte un participant désormais fidèle du café citoyen de Metz. La méthode commence à faire ses preuves. Le café citoyen est bien plus un parlement du peuple qu'une conversation de bistrot.
 
Prochain débat à Metz : samedi 18 juillet sur le thème : "quelle place pour la religion dans notre société laïque ?"
Rendez-vous au café Jehanne d'Arc, place Jeanne d'Arc à 15h, samedi 18/07.

01 avril 2008

OGM : quel choix de société ?

En octobre dernier, pour clore le Grenelle de l'environnement, Nicolas Sarkozy avait énoncé, parmi des mesures phares à venir, la suspension des cultures OGM. La loi qui sera votée par le Parlement risque de ne pas mettre en œuvre cette intention.

Jusqu’à jeudi, l'Assemblée nationale examine le projet de loi sur les OGM. Déjà adopté par le Sénat, contesté en bloc par les écologistes et les « faucheurs », ce texte doit aboutir à la transposition honnête d'une directive européenne de 2001. On peut s’étonner que le débat parlementaire français ne soit pas plus éclairé scientifiquement alors que la directive a déjà 7 ans. Les députés sont divisés, à droite comme à gauche, sur la conduite à tenir pour respecter la nature tout en poursuivant la science. La majorité a donc choisi une posture prudente. La loi ne doit pas remettre en cause les progrès de la science, selon les partisans de l’équilibre. A la quasi-unanimité, les députés de notre pays refusent de laisser la technique et la commercialisation des OGM à une firme unique comme Monsanto (comme cela a été fait aux Etats-Unis). Quant aux progrès de la recherche, aucun élu de la Nation ne les remet en cause. La production d’insuline et certains matériaux peu polluants sont issus des biotechnologies de la transgenèse, notamment dans l'industrie du papier (peupliers GM).

Dans une tribune publiée par le Figaro, mardi 1er avril, 72 parlementaires UMP dénoncent les « discours simplificateurs et caricaturaux ». Mais que dire de l’argument – réfuté par de nombreux spécialistes agricoles – selon lequel l’indépendance alimentaire de la France et de l’Europe passerait pas les plantes transgéniques ?

La Commission européenne a précisé la définition commune des OGM pour les 27 Etats membres de l’Union : "un OGM est un organisme dont le patrimoine a été modifié de manière non naturelle". Les scientifiques partisans de l'agriculture bio insistent sur cette différence avec les plantes modifiées par reproductions ou croisements naturels (ce qui existe depuis des décennies). Le projet de loi, tel qu’il a été élaboré et retoqué par le Sénat, avant d'arriver à l'Assemblée, tente de ménager la chèvre et le chou sans apporter de garanties techniques pour permettre la coexistance sans risque entre la recherche scientifique sur les OGM et une agriculture conventionnelle ou biologique. C’est visiblement l'un des points de doute de la discussion parlementaire qui doit se terminer jeudi. Mercredi, le député PS Jean-Yves Le Déaut, ancien président de la mission d'information sur les OGM, a demandé le renvoi du projet de loi en commission pour remettre l'ouvrage sur le métier. Le parlementaire lorrain estime que le texte est mal préparé et ne répond pas au principe de précaution.

Ce débat relève d’un véritable choix de société, pas seulement d’une question d'agriculture.

Laurent Watrin