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26/10/2007

Tripatouillage pour parti bidon

Les députés élus sous la bannière « Nouveau Centre » tentent de bricoler la loi sur le financement politique pour pouvoir profiter d’une manne publique. Cela revient à mépriser la loi en vigueur au moment des élections récentes. Il y a peu de chance - théoriquement - que cette grossière manipulation aboutisse, malgré le soutien du président de la commission des lois, d'une partie du gouvernement et d’un élu... communiste.

Le gouvernement vient de reporter la discussion parlementaire après le fiasco d’une première présentation du projet (il y avait trop peu de députés dans l’hémicycle, mercredi 24 octobre).

En tout cas, la vilaine manœuvre du Nouveau Centre prouve que la « gamelle » est la première motivation des traîtres. Modifier une loi à son profit, voilà la grandeur de la politique, selon Hervé Morin et ses amis «centristes» amarrés à l’UMP.

Petit rappel : l’actuel Ministre de la Défense avait mobilisé plusieurs membres de sa famille, son chauffeur, des secrétaires... pour participer aux élections législatives afin d’atteindre les critères de la loi actuelle qui prévoit d’accorder le financement public à un parti dès lors qu’il a obtenu au moins 1% des voix dans 50 circonscriptions. Ce qui n’est pas le cas du formidable bidonnage "Nouveau Centre", tiré du chapeau du magique Morin. Qu’à cela ne tienne, se disent aujourd’hui les députés « NC » : il suffit de tripatouiller la loi passée pour qu’elle serve notre avenir. Le Nouveau Centre propose donc que le financement politique soit donné à toute formation ayant obtenu au moins... 15 députés ! C’est un peu comme si un athlète arrivé 4è du 100 mètres déposait un recours pour qu’on attribue aussi une médaille à celui qui a raté le podium.

Dans le domaine du financement politique, en France, il y a certes une anomalie. Un parti peut avoir des représentants dans des milliers de communes, dans les régions et les départements (c’est le cas des Verts par exemple) et pourtant ne pas être financé. Ce qui fait régner les arrangements entre partis et les copinages entre ceux qui ont de l’argent et ceux qui en ont besoin (version politicienne de l’assistanat si cher à notre pays).

Pour bien comprendre, rappelons que depuis que le financement privé d’un parti est plafonné à quelques milliers d’euros par an et par personne physique (loi de mars 1988), un mouvement politique ne vit que grâce aux subventions de l’Etat accordé après les législatives (80 millions d’euros distribués, au total, pendant 5 ans). Sans la manne issue des impôts citoyens, le Nouveau Centre est donc condamné à demeurer une coquille vide.
Si l’on voulait l’équité, il faudrait que le premier député élu d’un parti ouvre la voie au financement public de sa formation… Cest d’ailleurs ce qu’a proposé le député UMP Gilles Bourdouleix.

En attendant, François Bayrou a annoncé qu’il saisirait le Conseil constitutionnel pour faire barrage à la proposition du Nouveau Centre. Espérons que les traîtres (qu’ils soient du centre ou d’ailleurs) ne se fassent pas « des couilles en or » sur le dos du peuple, avec la complicité du gouvernement. Ce serait un comble pour des gens qui n’en ont guère.

Laurent Watrin

Écrit par eurocitoyen dans Actualités | Lien permanent | Tags : parti, traître, centre, financement, politique | |  Facebook | | |