13 octobre 2009

Génial !

Jean Sarkozy est "le fils d'un génie politique". Le mot est de Thierry Solère, vice-président UMP du conseil général des Hauts-de-Seine. L'élu local francilien estime donc "normal" que le fils du chef de l'Etat soit "précoce". Il était temps qu'un défenseur éclairé vienne au secours du pauvre Jeannot, 23 ans, génie précoce qui a juste un peu de mal à suivre des études de Droit. Mais c'est un peu normal, il est très occupé. Et bientôt, il le sera encore plus avec la présidence du conseil d'administration de l'Etablissement public du quartier d'affaires de la Défense, qui gère des milliards d'euros, dans ce tranquille département des Hauts-de-Seine, où la taxe professionnelle continuera à rapporter gros même après la réforme.

Ne soyons pas bêtement ironique, ni frondeur inutilement !

L'idée du génie précoce transmis de père en fils, ça se tient, surtout chez les proches des Sarkozy, qui pensent que l'inné prime sur l'acquis. D'ailleurs, Thierry Solère le dit : "ce n'est pas étonnant, si vous êtes le fil de Zidane, que vous jouiez bien au foot" ! Admettons. Mais, dans ce cas, ce n'est pas la peine que Sarkozy père rappelle, dans son discours sur la réforme des lycées, que l'origine de ces établissements scolaires (en 1802) marquait "la fin des privilèges de la naissance". Mais, ça, c'est le génie de la communication.

L.W.

 

 

21 septembre 2009

Le service public, l’entreprise privée et l’Europe

La Poste va changer de statut juridique. Les syndicats redoutent une « privatisation ». Procès d’intention, selon la direction.

Le gouvernement a préparé un projet de loi qui transforme La Poste en Société Anonyme (S.A). Objectif : capitaliser pour financer les investissements. La Poste restera un service public, promet la majorité UMP. « Ce sera écrit » dans le texte, selon le ministre de l’Industrie et des Télécommunications, Christian Estrosi. Le projet de loi portant changement de statut de La Poste prévoit que le capital de la future S.A soit uniquement constitué de capitaux publics (et une toute petite partie des actions dévolue aux salariés).

Les opposants au projet ne devraient donc pas redouter – a priori - que l'avenir des postiers ressemble à celui des salariés de Gaz De France, privatisé lors de la fusion avec la Suez. La mission de service public de La Poste repose sur quatre piliers : le service universel postal (distribution du courrier six jours sur sept), la contribution à l'aménagement du territoire (bureaux de proximité), le transport et la distribution de la presse, et enfin l'accessibilité bancaire (le livret A).

Quels que soient les motivations et son ampleur, ce mouvement d’humeur à La Poste interroge la notion de service public moderne.

La réalité de l’entreprise publique a changé radicalement depuis longtemps. Les marchés financiers, la Poste connaît. Les activités principales de l’entreprise sont bien séparées (courrier, guichets, banque) et la concurrence existe. Les syndicalistes, qui sont souvent parmi les plus anciens des agents de La Poste, craignent surtout deux choses : la rentabilité à outrance et la fin du statut de fonctionnaire. « On ne veut pas finir comme les salariés de France Telecom », dit un délégué lorrain de Sud PTT, qui explique que les « clients sont de plus en plus classés par couleurs et priorités » en fonction de ce qu’ils rapportent financièrement.

Il convient de distinguer logique économique et questions juridiques, tout en considérant que le Droit est l’instrument de la régulation.

Le problème, sur La Poste comme pour d'autres secteurs, c'est peut-être l'absence de débat démocratique national quant à la définition moderne du service public, au sein de l’espace européen. Pour la Poste, la balle sera dans le camp des parlementaires dans quelques semaines. Au-delà, l’idée d’inscrire une charte des services publics dans la Constitution, lancée par Michel Vauzelle (président PS de la région PACA), ouvre une réflexion possible.

Rappelons que l'Europe n'impose pas la libéralisation - ou plutôt la privatisation (merci Raphaël, voir commentaire !) - du service public. Même des élus de gauche, comme le Socialiste nancéien Mathieu Klein, le rappellent : les directives européennes n'obligent pas La Poste à changer de statut juridique. Et les parlementaires européennes n’ont pas fini de plancher sur la notion de services d’intérêt général.

23 juin 2009

La tactique du gouvernail

Le discours solennel du chef de l’Etat devant le Parlement,

réuni en Congrès à Versailles, navigue en plein consensus

 

Les eaux montent. Le fleuve de la crise grossit et Nicolas Sarkozy choisit de pagayer pour rester au milieu du courant. « Ayons le courage de changer », dit le chef de l’Etat. Mais il tempère le cap de la réforme. Pas question de remettre en cause la suppression des postes de fonctionnaires et la limitation des impôts. En revanche, tout licencié économique doit pouvoir bénéficier d’un an de salaire pour se former. Le dispositif du contrat de transition professionnelle (CTP) devrait donc être étendu selon la volonté présidentielle.

 

« Je ne ferais pas la politique de la rigueur », déclare le président de la République, qui souhaite un emprunt national pour financer les investissements. Le déficit est donc possible - et même bénéfique - à condition de favoriser la production et le travail. Le tout dans une perspective de développement durable. A Versailles, le chef de l’Etat qui voulait aller "chercher la croissance avec les dents" n’a pas montré les crocs. Le mot « croissance » est oublié. Discours « habile mais un peu vide » note le député PS du Doubs Pierre Moscovici.

 

Tout ça pour ça...

 

« Nous ne gaspillerons pas un euro d’argent public », dit Nicolas Sarkozy. La promesse vaut sans doute pour plus tard. Car le Congrès de Versailles a coûté plus de 400.000 euros. "Un petit plaisir un peu cher" pour notre "Roi Soleil", ironise le député PS de Meurthe-et-Moselle Hervé Féron. François Bayrou considère que le chef de l’Etat vient d'exprimer un catalogue de campagne présidentielle. La rupture revisitée...

 

On attend les prochaines mesures du gouvernement remanié. Et l’on espère un débat constructif. Dans une "démocratie apaisée", on s'écoute et on se respecte, et "personne ne détient seul la vérité", affirme Nicolas Sarkozy. Chiche ! Le gouvernail tranquille plutôt que le passage en force des rapides ? Avec un peu de chance, les parlementaires vont pouvoir enfin suivre le rythme des projets de loi futurs.

10 juin 2009

Obsession présidentielle

On peut analyser le résultat des élections européennes jusqu’à plus soif. Mais la première leçon, c’est sans doute l’abstention. Quand 6 électeurs sur 10 ne votent pas, on peut - on doit - se demander pourquoi ? La faute à l’Europe « lointaine » ? C’est en partie vrai. Mais aux élections municipales de mars 2008, l’abstention était de près de 39% en moyenne, jusqu’à 60% dans les grandes villes. Deuxième hypothèse : nous sommes dans une démocratie bien paisible et une majorité de citoyens ne voit pas l’intérêt de mettre un bulletin dans l’urne. Difficile d’y croire, en période de crise. Troisième piste : les électeurs rejettent le système. Pas forcément la politique.

 

Ce sentiment semble largement partagé. Ceux qui ont fait campagne l’ont entendu très souvent. Et ce rejet populaire fait écho à un phénomène devenu primordial en France depuis le quinquennat : l’obsession présidentielle. Une fois tous les 5 ans, désormais, le peuple désigne le chef de l’Etat et, aussitôt dans la foulée, vote pour ses députés. Résultat : l’Assemblée est asservie à la victoire du chef suprême. Et l’élection présidentielle est la seule « utile » pour les partis. Bayrou le sait ; il l’a trop dit. Sarkozy le sait aussi ; il fait tout pour que ça dure. Les têtes du PS se déchirent ; l’obsession, chez eux, tourne au drame collectif. Les autres tentent leur chance.

 

Dans ce « délire », un OVNI déboule : Europe Ecologie, conjugaison d’horizons associatifs et citoyens, bien dans l’air du temps, échafaudée, en quelques mois, autour d’un chef de file charismatique qui rejette toute ambition présidentielle. Cohn-Bendit ne veut être ni président de la République, ni même président de parti. L’OVNI vert a, en quelque sorte, percuté l’obsession présidentielle, comme une brèche ouverte en psychanalyse.

 

Vers la fin de la Vè République ?

 

Il y a encore des électeurs fidèles à des socles classiques (minoritaires). Mais pour ceux qui attendent « autre chose », la cohérence du message est essentielle. C'est une question de stratégie. Sortir de l’obsession est donc nécessaire. Bayrou veut une VIè République. Cela tombe bien. Que le Modem se mette en cohérence avec son projet ! Et si cette République nouvelle abandonnait l’idée de l’élection suprême ? Cela permettrait plus facilement de présenter aux citoyens des projets plutôt que des chefs.

 

Chez les Verts et au Modem, on trouve des candidats et des militants motivés, des contenus élaborés, réfléchis collégialement, et un projet de société. Le Modem a mobilisé près de 4 mille personnes pour construire son programme européen, avec un message écologique fort mais mal mis en valeur.

 

Il y a sans doute un nouveau mode de gouvernance à trouver, comme le dit Corinne Lepage. Inutile de jouer les boyscouts au pied d'une pyramide qui s'enfonce. Il vaut mieux miser sur des réseaux pensants, organisés pour le débat et l'affirmation d’alliances électorales, le moment venu. Passer de l'obsession présidentielle à la nécessité de placer les personnes au centre de la politique.

 

L'idéal serait que les abstentionnistes viennent participer à cette nouvelle façon de faire de la politique. Un rêve ?

29 mai 2009

Non sens

"Débat" sur France 3, avec les principales têtes de liste de la circonscription Est pour les élections du 7 juin. C'était ce jeudi soir.

Un débat sur l'Europe donc. L'émission, enregistrée dans l'après-midi, est diffusée, "dans les conditions du direct", vers... 23h ! Car, comme chacun sait, "l'Europe n'intéresse personne". Puisque les "grands médias" le répètent, c'est que ça doit être vrai. Donc un "débat" à la télé consacré à l'avenir de 500 millions de personnes et 27 pays, ça peut passer en fin de soirée. Logique.

En introduction, le présentateur indique que le député sortant Joseph Daul (UMP) fait partie du PPE, "la droite européenne, groupe majoritaire au parlement européen". Erreur. 288 députés sur 785 parlementaires, ça ne s'appelle pas une majorité, même si c'est le groupe le plus important. Il n'y a pas de groupe majoritaire au parlement de Strasbourg ; il n'y a que des majorités de projets, après la conclusion des débats et des votes qui sont personnels. Notons qu'aucun des candidats présents en plateau ne relève ce détail révélateur de la méconnaissance ambiante des Institutions européennes.

Ensuite, première question, sur la base d'un sondage (ah, les sondages !) : "comment expliquer le désintérêt des Français pour ces élections ?". Jean-François Kahn (Modem) explique : "désintérêt ?! Normal, vu ce que les médias rabachent". De son côté, Catherine Trautmann (PS) ose : "la crise a un effet démobilisateur".

Nous avons droit, pour continuer, à des sauts de coq à l'âne sur l'assiduité des députés au parlement, sur la crise (un sujet parmi d'autres, donc...), sur les quotas laitiers, sur la Turquie... Le tout ponctué par quelques "questions" de téléspectateurs triés (et enregistrés) sur le volet : des étudiants de Science-Po Nancy et Dijon. Pourquoi eux ?

Pourquoi ne pas avoir expliqué le rôle du parlement européen et le fonctionnement de l'Union, ces questions que se posent une grande majorité de citoyens ? Pourquoi ne pas avoir laissé chaque candidat exprimer, tranquillement, sa vision de l'Europe et les grandes lignes du projet qu'il porte ? Pourquoi ne pas avoir confronté les principales propositions de réponse à la crise, qui est devenue LE grand sujet politique de l'Europe et du Monde ?

Les torts sont toujours partagés. Les médias n'ont pas forcément les moyens d'organiser des émissions pertinentes. Les candidats acceptent le cadre qu'on leur propose et hésitent à le remettre en cause. Et le citoyen finit par s'en moquer par paresse, parce qu'il ne va passer son temps à réclamer qu'on l'informe. Et puis, vu l'heure, il s'endort un peu, le citoyen. Quand on regardera les chiffres de l'audimat, on pourra sans doute dire : "bon, ça se confirme, l'Europe n'intéresse personne". La boucle est bouclée. La démocratie avec.

Je sens que je vais encore me faire des copains. Mais le constat est là : de façon générale, le débat est un genre difficile, qui n'existe presque plus à la télévision. Albert Du Roy, ancienne figure de "L'heure de Vérité", émission hebdomadaire (!) politique, disparue, sur France 2, l'a très bien noté, dans son ouvrage "la mort de l'information" (2007). Ce n'est malheureusement pas un phénomène franco-français. Et c'est sans doute un défi pour la démocratie européenne.

Ne soyons pas négatifs. D'ici au 7 juin, pour trouver quelques réponses, cher concitoyen, vous pouvez surfer sur internet. Vous y trouverez les programmes des candidats, notamment sur des sites pédagogiques - et non partisans - comme celui du Mouvement Européen.

AUDIMAT -

En ce moment, vous êtes près de 200 chaque jour à visiter ce blog. Je ne sais pas si c'est beaucoup mais j'ai une petite inquiétude tout de même : il se pourrait que, comme à la télé, certains s'endorment avant la fin... Le chiffre de l'audimat est-il le bon critère ?

06 mai 2009

La droite européenne freine une avancée sociale

Un projet sur le congé maternité repoussé après le 7 juin 

Le Parlement européen vient de renoncer (mercredi 6 mai) à un projet ambitieux concernant la durée du congé maternité dans l’Union européenne. Le texte proposait un minimum de 20 semaines de congé maternité et un congé paternité de deux semaines, dans toute l'Union. L'Allemagne, qui applique le minimum européen actuel (14 semaines de congé maternité) était contre ce projet, critiqué par plusieurs autres Etats membres. En première lecture, au parlement de Strasbourg, le texte est renvoyé en commission, à la demande des eurodéputés conservateurs (le groupe PPE où siège les élus de l'UMP).

La procédure législative repart donc à zéro. C'est le futur parlement, sorti des urnes après les élections du 7 juin, qui l'examinera de nouveau.

16 mars 2009

Interrogation

"En temps de crise, on a besoin de gens fortunés"

Ce propos est signé Jean-François Copé. Le porte-parole du gouvernement français réagit ainsi à l'idée, défendue par une partie de la droite et par l'opposition, de rompre avec le "bouclier fiscal" (plafonnement des impôts à 50%).

Lorsque la crise est à la fois financière, énergétique et écologique, qu'est-ce que la fortune ?

Le président du Sénat, Gérard Larcher, estime que le débat sur une éventuelle remise en cause du bouclier fiscal "doit être ouvert". Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, a préconisé d'"augmenter le taux de l'impôt sur le revenu pour les personnes qui gagnent plus de 300.000 ou 400.000 euros par an". Sa proposition a été rejetée par une petite majorité de la commission (15 voix contre 12).

L'application du bouclier fiscal Sarkozy correspond à une perte financière 458 millions d'euros pour l'Etat en 2008 (information révélée par Le Figaro et les Echos ce mardi 16 mars).


30 novembre 2008

Le MODEM de Bayrou inspire et inquiète... et c’est tant mieux !

Le Parti Socialiste est au bord de l’implosion. C’est sans doute une question de temps. La gauche classique française risque bien de se recomposer de façon brutale. Encore quelques passes d’arme et mots doux entre les dirigeants du PS, et la situation devrait se clarifier. Commentaire amusant ce dimanche, celui de Bernard Tapie, dans Le Parisien. L’ancien homme d’affaires, reconverti dans le théâtre (autre facette de son art ?) estime que Martine Aubry est la meilleure candidate pour la gauche. Tapie dit aussi que le PS ne doit pas s’allier à Bayrou, accusé de populisme façon Le Pen ! C’est amusant, Tapie ne parle jamais du populisme de l’extrême gauche et ses conseils de sulfureux comédien, avide d’argent partout sur son passage, sont sans doute à suivre avec attention. Que François Bayrou fasse peur à cette gauche-là, c’est bien normal. Le président du MoDem et ses troupes ont un projet de société, alors que les « éléphants » plus ou moins vieillissants du PS n’ont que des envies de pouvoir. Tristesse.

Et à droite, quoi de neuf ? Comme chacun sait, le sigle UMP cache un seul homme. Un arbre devant une forêt victime de l'échauffement du climat politique. Et ceux qui osent exprimer une certaine liberté de parole le payent un jour (au gouvernement, la purge est engagée). N’oublions pas la « soupape de sécurité » : le Nouveau Centre (étiquette Non Communiquée ?). Que dit le machin plus ou moins centriste et plus ou moins allié de la droite au pouvoir ? Qu’il faudrait peut-être envisager des "emplois chance" pour relancer l 'économie française. C’est quoi, ça ? La possibilité pour une entreprise de moins de 20 salariés de recruter sans payer de charges sociales pendant trois ans. C’est ce que proposait le candidat François Bayrou. Etonnant, non ?

Autre proposition du MoDem qui fait gentiment son chemin : celle que Nicolas Sarkozy reprend timidement (ce jeudi) en Bretagne, devant le congrès des maires de France. L’idée : offrir la possibilité aux régions françaises de se rapprocher, à titre expérimental. François Bayrou, pendant la campagne présidentielle, souhaitait la fusion région-départements et une clarification des compétences entre l'Etat et les collectivités locales. Une partie des élus de gauche et des Verts sont d'accord, d'ailleurs.

Il y a au moins un sujet sur lequel les faux-semblants ne tromperont personne : l’Europe. François Bayrou et le Modem proposent une nouvelle donne et une construction plus politique et plus démocratique de l'Union. A gauche et à droite, on préfère ne rien dire sur ce thème. Ce serait trop risqué : Bayrou pourrait passer pour un mec bien.

Laurent Watrin

08 septembre 2008

Un projet humaniste... à organiser !

Allez, pas de langue de bois ! Je reviens de l'université de rentrée du MoDem, tout au bout de la France, près de Saint-Raphaël, soleil de plomb varois et vent méditerranéen mêlés, loin des contrées nordiques d'où les militants centristes les plus courageux et les plus disponibles se sont quand même extraits pour participer activement aux tables rondes et applaudir aux paroles d'un week-end chaud. Pas de langue de bois, donc, et voici un exercice idiot : une auto-interview... (ne croyez pas que je sois devenu fou, ça doit être les coups de soleil...)

"Quel avenir pour le Modem ?"
Immense, un boulevard ! Le projet d'espoir de Bayrou (titre de son bouquin de campagne présidentielle) est plus que jamais utile et d'actualité. Le pouvoir monarchique qui dirige la France, les erreurs économiques de la droite dure, la dette creusée, le RSA injustement financé, l'absence de vision européenne forte, l'opposition incertaine de la gauche... Tout cela mérite un contre-projet cohérent. Cela tombe bien : c'est ce que propose le Modem.

"Oui mais, quand même, Bayrou est un peu seul ?"
Quand plus de 3 mille personnes se déplacent, en 3 jours, pour débattre, échanger, parler organisation du mouvement et programme, politique je n'appelle pas cela la solitude. Sincèrement, j'avais un peu peur de voir les doutes prendre le pas sur l'espoir. Eh bien, je suis revenu ragaillardi. Mais c'est peut-être le soleil...

"Mais la ligne du Modem est-elle claire ?"
La ligne du Modem est très simple : redonner espoir au citoyen en lui parlant de nouveau d'humamisme et démocratie pour la France et l'Europe. Comme l'a rappelé Bayrou, la République est de moins en moins démocratique, laïque et sociale, contrairement à ce que postule notre Constitution. A force de la réviser à l'emporte-pièce, cette constitution, on ne sait même plus ce que veulent dire les mots qu'elle contient.

"Mais quel est le positionnement du MoDem, par rapport à l'UMP et au PS ?"
L'UMP, c'est la toute puissance de l'argent glorifié et des solutions économiques et fiscales qui pèsent sur les classes moyennes. Bref, l'injustice sociale. Le Modem cherche à rééquilibrer les choses, tout en soutenant des projets utiles dans leur esprit, comme le RSA, mais celui-ci est mal financé puisque la taxe prévue échappera aux plus fortunés. Voilà pour le positionnement à l'égard de l'UMP. Quant à la gauche, il y a combat des chefs au PS, mais pas de projet, et des incohérences énormes sur l'économie et l'Europe. Au Modem, on ne défend pas le bilan des 35 heures, on ne propose pas une démocratie participative sans penser à une vraie réforme des Institutions et des niveaux de collectivités locales (cerains à gauche sont proches de nous, tout de même). Voilà pour le positionnement par rapport au PS. Et puis après tout, on n'a pas besoin de se justifier en permanence !

"Quelle est la stratégie électorale du Modem pour l'avenir ?"
Pour moi, c'est l'indépendance partout où ce sera possible, la proximité de projet partout où ne pourra pas faire autrement et le refus du sarkozysme partout. Il me semble que c'était assez clair dans la bouche de Bayrou ce week-end. Et puis la prochaine étape, ce sont les élections européennes. Aucun autre parti n'est aussi cohérent que le Modem sur ce suje, même si nous avons encore des propositions à débattre (impôt européen ou pas par exemple). Jean-François Kahn annonce qu'il veut s'engager sur ce terrain. C'est un signe encourageant.

"L'organisation du mouvement est en suspens, avant les élections internes du 27 septembre ? Et si ça ne marche pas ?"
Puisqu'on a dit pas de langue de bois, je vais être franc. Effectivement, cela pourrait ne pas marcher. Mais honnêtement, malgré les tensions dans certains départements, le fonctionnement du Mouvement pousse à l'intelligence, au débat et à la démocratie, car il offre la possibilité de confronter des points de vue différents au sein du Modem tout en réunissant tous ceux qui veulent bosser. C'est aussi ça le projet d'espoir. Moi, j'y crois. Et si c'est une illusion, on en tirera les conséquences le moment venu. Mais ceux qui font le reproche de la division ou de la supposée guerre des chefs, avant ces élections internes, manquent un tout petit peu de lucidité et de courage, à mon avis.

"Est-ce que Bayrou songe à organiser le mouvement ou bien est-il obsédé uniquement par 2012 ?"
Il faudrait lui poser la question directement. Je n'en ai pas eu l'occasion. Ca viendra peut-être. En fait, j'espère qu'il a l'obsession de gagner en 2012. Mais raisonnablement. C'est à dire en construisant le Modem justement. Et là, il va falloir clarifier des choses, notamment la position de certains élus récents. Et il va aussi falloir laisser faire les troupes militantes sur le terrain pour mailler le territoire correctement (en Lorraine, cela a déjà commencé d'ailleurs). Si Bayrou ne met pas cela en oeuvre, il risque de s'en mordre les doigts dans 4 ans et nous aussi.

"Mailler le territoire, ça rappelle un peu les méthodes d'un autre parti... ?"
Et alors ?! Ne soyons pas sectaire. Les méthodes qui fonctionnent ailleurs, appliquons les. Si on respecte nos valeurs humanistes, où est le problème ?

"Un souvenir fort de cette université de rentrée ?"
Il y en a eu plusieurs. Moi, j'ai aimé le moment où la spécialiste du polar, Fred Vargas, s'est montrée certaine du scénario gagnant pour le Modem. Il y a eu aussi le propos sans langue de bois d'Hubert Védrine, l'ancien ministre (PS) des affaires étrangères, à propos de l'urgence d'une puissance européenne réelle.

"Sinon, les coups de soleil, ça va ?"
Oui, pas trop mal. Bon, allez, arrêtons cet exercice stupide
(promis, je ne le ferais plus).

LW

14 mars 2008

Valse des étiquettes politiques au second tour


La photographie des candidatures en Lorraine montre une atomisation des partis politiques et les fusions disparates ont brouillé les étiquettes et les certitudes des électeurs


Le second tour des municipales est marqué par des triangulaires dans les deux métropoles régionales et dans 14 autres communes à travers les départements de la Moselle, des Vosges et de la Meurthe-et-Moselle.

A Metz, le sortant J-Marie Rausch (DVD) a récupéré l'investiture officielle de l'UMP, après la fusion entre la députée de droite Marie-Jo Zimmerman (UMP), la MoDem Nathalie Griesbeck et le sans étiquette Emmanuel Lebeau. La 3è liste est emmenée par le socialiste Dominique Gros, qui a rallié des transfuges du MoDem.

A Nancy, le maire sortant UMP André Rossinot affronte deux candidates : Françoise Hervé - qui a le soutien de François Bayrou mais pas celui de la fédération départementale du MoDem - et la Socialiste Nicole Creusot, qui n'a pas le soutien de l'extrême gauche.

Triangulaire également à Rombach (Moselle), Remiremont (Vosges) et Toul (M-et-Moselle), où l'enjeu est à la fois local et national pour l'UMP. La députée Nadine Morano, qui se rêvait déjà en ministre dans un futur gouvernement remanié, est arrivée 3è au premier tour, juste derrière l'ancien maire RPR Jacques Gossot... Ces deux candidats de droite disputent la mairie à la maire sortante PS Nicole Feidt.

A Vandoeuvre-lès-Nancy, les électeurs doivent arbitrer un duel, après les fusions de l'entre deux tours... A gauche comme à droite, les ennemis d'hier sont redevenus copains pour une double stratégie ville - département. La maire sortante UMP Françoise Nicolas a repris dans son giron le MoDem Marc Saint-Denis, pour les municipales, et le centriste a le soutien du maire sortant sur la cantonale de Vandoeuvre-Ouest. A gauche, Stéphane Hablot s'est réconcilié avec le dissident du PS Manu Donati. Les électeurs vandopériens vont donc arbitrer un duel.

A Saint-Dié-des-Vosges, duel entre le maire sortant et une liste fusionnée entre les deux tours. Le socialiste Christian Pierret, ancien ministre de l'Industrie, affronte le candidat divers droite Damien Parmentier, qui a rallié le dissident de gauche Serge Vincent, ancien adjoint au maire de M. Pierret.

En ce qui concerne es cantonales, il y a encore 14 sièges encore à pourvoir en Moselle, 12 en Meurthet-et-Moselle et 4 dans le département des Vosges. Les équilibres actuels ne seront pas bouleversés dimanche soir.
Notons enfin quelques particularités : 4 candidats en lice à Bouzonville (Moselle), et deux candidats certains d'être élus car ils sont seuls dans ce second tour : Philippe David à Hayange (Moselle) et Gauthier Brunner à Vézelize (Meurthe-et-Moselle), qui profite de la "boulette" de son adversaire du premier tour : le conseiller général sortant, Jean-Jacques Henry (UMP) n'a en effet pas déposé sa candidature dans les délais.

La confusion générale entretient le doute sur le taux de participation. L'abstention a déjà été forte au premier tour dans les grandes villes. Les électeurs vont-ils s'y retrouver et se mobiliser ? Rien n'est moins sûr.

Laurent Watrin

"Le vote est un droit, c'est aussi un devoir citoyen"

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